Plaidoyer pour une discrimination positive (publié le 13/aout/2008)
Il n’y a peut-être pas, pour le moment, de moyen plus efficace que la discrimination positive pour permettre à l’émancipation de la femme marocaine de déboucher rapidement sur les résultats escomptés.
Le fait qu’un département ministériel dont le titulaire est une femme l’oublie est une chose suffisamment incongrue pour forcer nombre d’interrogations.
Au ministère de la Santé, l’affectation des médecins spécialistes n’aurait pas pris en compte le critère de regroupement familial pour les femmes mariées et aurait, par contre, opté pour le tirage au sort.
Retardée d’une année, cette opération aurait aboli un vieil acquis social puisque l’affectation dans un rayon de 100 km a toujours prévalu pour les femmes mariées exerçant dans ce département dont le portefeuille est détenu par une militante politique doublée d’une avocate.
On ne peut donc que nous étonner de la voir valider pareille décision dont les incidences pourraient être dramatiques pour ces futures praticiennes qui n’en peuvent mais. Non seulement la «cohabitation légale » qui est un droit garanti pour chacun des deux conjoints par l’article 51 du Code de la famille ouvre la voie, en cas de manquement, à la procédure de divorce prévue par ce texte de loi, mais il y a plus.
Etant engagées contractuellement pour une durée de huit ans, ces médecins ne peuvent contrer la décision de leur hiérarchie par les moyens réglementaires. Si elles envisagent de démissionner, leurs demandes pourraient, en effet, se heurter à une fin de non-recevoir et si elles s’abstiennent volontairement d’exécuter leur ordre d’affectation, une procédure d’abandon de poste pourrait être initiée à leur encontre et induire, dans certains cas, une interdiction d’exercer.
Pis, circulaire du 14 avril 2008 régissant les mutations au sein de ce département ne leur garantit nullement de rejoindre les lieux de leurs résidences familiales, même en ayant accumulé les notes les plus élevées, puisque rien ne certifie que les postes créés annuellement le soient à proximité de leurs foyers. En outre, aucune mesure concernant leur logement ou les déplacements qu’elles seront obligées d’effectuer n’est envisagée.
Peut-on, dans ces conditions, parler de motivation et, partant, de ses incontournables corollaires que sont la qualité de l’accueil et des soins ?
Source : Libération

bonjour,
Je crois que le recours à la justice reste la meilleur solution.
c’est une lutte contre un système qui nous a toujours habituer à ses magouilles.
Il faudra aussi rester vigilant et ne pas croire en des promesses vaines.
Pour cela la solidarité reste de mise. A mon avis il faudra multiplier les rencontres entre les 101 femmes voire même créer une association.
Quand à madame la ministre, il faudra assumer les responsabilité d’un tel poste de gouvernance, dépolitiser le dossier et trouver une solution (tel est votre fonction) favorable et logique.
durant toutes les années passées à étudier la médecine (15 ans) en aucun moment j’ai songer être affecter a plus de 500 Km de mes enfants et mon mari.
Pour la première fois de ma vie je regrette d’avoir fait médecine.
Merci madame le ministre.