Fouad Ali El Himma, Studio 2M, Salaheddine Mezouar …

Posted by Tarik 6 août, 2008

C’est l’été, il fait chaud et vous êtes sans doute sur une plage en train de bronzer (en tout cas, on vous le souhaite). Quand on est allongé sur une serviette de bain, les doigts de pied en éventail, on aspire à une certaine légèreté. Aussi, ce dernier édito de la saison sera – une fois n’est pas coutume – un recueil de “variétés”. Histoire de contribuer, amie lectrice, ami lecteur, à votre délassement bien mérité.

Fouad Ali El Himma, toujours lui, est, paraît-il, sur le point d’annoncer officiellement la création de son parti politique. J’ai beau faire des efforts, je n’arrive pas à considérer ça comme un évènement. C’était tellement évident, depuis le lancement de son “mouvement” il y a 6 mois… Maintenant, ce sera quand même intéressant de voir comment il va s’y prendre. Déjà, on annonce une coalition d’ex-“partis Basri”. Mais l’heure de vérité, ce sera les élections. Les communales de 2009 constitueront sans doute un galop d’essai, avant la grande épreuve législative de 2012. A quels candidats le nouveau parti accordera-t-il son investiture ? Les “élites”, ça fait bien, ça séduit les médias et l’étranger. Mais l’ex-ministre délégué de l’Intérieur connaît trop bien nos arcanes politiques pour ignorer une vérité de base : pour gagner, il lui faudra coopter de riches et incultes notables locaux, ces incontournables pièges à voix. On les voit d’ici boire la “vision” techno-makhzénienne de Si Fouad comme du petit lait, sans en comprendre un traître mot. L’essentiel, c’est que le chef soit “marsoul Sidna” (l’envoyé de Notre Seigneur). Ça promet d’être comique…

Studio 2M m’énerve. Ça ne devrait pas, je sais… Tous ces jeunes Marocains et Marocaines beaux, gominés, bien habillés et qui chantent (généralement) très bien, ça devrait gonfler de joie mon cœur de patriote. Sauf qu’ils en font dix fois trop dans le patriotisme, justement - et que le mouvement semble être largement encouragé par la prod’. Au lieu de brandir des pancartes en forme de cœur genre “Marwane, on t’aime” ou “votez Sawsane”, le public de l’émission passe son temps à agiter… des drapeaux du Maroc ! En plus, pas une guest-star ne rate l’occasion de clamer que le Sahara est à nous, ou de glisser quelques couplets à la gloire de qui vous savez. Jusqu’au chanteur Simon Says (ce nom !) qui lâche devant une foule en délire : “Le Sahara est marocain, je suis sahraoui, vive le roi. I love you, I love you. Nous sommes tous marocains”. Comme si quelqu’un en doutait !! A force de trop asséner une vérité, elle devient suspecte. Le patriotisme, c’est beau quand c’est spontané et sans arrière-pensée. Mais quand ça devient lourdement forcé, c’est le début du fascisme. Dans une émission de variétés, ça fait tache…

Salaheddine Mezouar l’a affirmé publiquement : la crise des subprimes, la flambée du pétrole et des denrées alimentaires… toutes ces choses qui bouleversent l’économie mondiale, eh bien ça ne nous concerne en rien. Dopé par “la demande interne”, le PIB marocain devrait croître de 6,8% en 2008, et de 6% par an jusqu’en 2012, assure notre ministre des Finances. Ça fait plaisir ! Mais ça fait aussi réfléchir… Quand on voit la méthode de calcul ubuesque du taux de chômage au Maroc (11%, à en croire l’Etat !), on est demandeur de plus de détails sur le mode de calcul du PIB. Surtout qu’à ce qu’on sait, il est construit sur pas mal de techniques d’“estimation” (notamment du produit agricole) qui n’ont pas changé depuis plusieurs décennies. Alors l’optimisme, c’est bien, mais s’il se doublait de crédibilité, là, ce serait parfait. “Et merci”, comme dirait Zakaria Boualem.

Entre lundi et jeudi derniers, rien que sur L’Economiste et Le Matin, j’ai compté pas moins de 88 encarts payés par divers opérateurs économiques, souhaitant bonne fête du trône à Sa Majesté avec toutes les variétés de louanges possibles. Désolé, mais ce concours annuel d’obséquiosité me révulse. Surtout que - j’en suis convaincu - Mohammed VI se fiche royalement de tout ça. Et qu’il n’y a sans doute aucun service au Palais qui tient le compte de ceux qui paient des encarts de ce genre et de ceux qui ne le font pas. On veut bien admettre que les capitaines d’industrie, soucieux de leurs intérêts économiques, soient politiquement frileux. Mais de là à être plus makhzéniens que le Makhzen ! Gros, gros soupir…

Allez, bon bronzage quand même, et rendez-vous en septembre !

Categories : Culture, Economie, politique Tags : ,

Comments

Pas encore de commentaire.


Laisser un commentaire

(obligatoire)

(obligatoire)


Bad Behavior has blocked 99 access attempts in the last 7 days.