Youssef Chahine, un grand cinéaste est décédé
- Le Maroc lui avait rendu hommage au Festival de Marrakech
- Il a incarné une nouvelle école du 7e art
Le plus célèbre des cinéastes arabes s’est éteint hier dimanche à 82 ans.

Youssef Chahine est décédé après avoir passé six semaines dans le coma. Le monstre sacré des cinéastes égyptiens avait été hospitalisé en France pendant un mois à la suite d’une hémorragie cérébrale. Bien que ses relations avec le régime aient été, du propre aveu du cinéaste, «très mauvaises», le président Hosni Moubarak avait annoncé que l’Etat égyptien prendrait à ses charges ses frais d’hospitalisation à l’Hôpital américain de Neuilly, près de Paris. Chahine était l’un des réalisateurs qui a marqué le 7e art, et pas seulement celui du monde arabe. Le réalisateur, scénariste et producteur, né en 1926, avait obtenu en 1997 le prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes pour l’ensemble de son oeuvre. Au Maroc, le Festival de Marrakech lui avait rendu hommage, à travers le cinéma égyptien, lors de l’édition 2007. Il avait participé aux éditions 2001 et 2004 du Festival de Marrakech. Chahine était une véritable «école du cinéma égyptien». Il a abordé tout ce que le grand écran compte de genres. Tous ceux qui ont travaillé avec lui ont beaucoup appris de son style. C’est d’ailleurs lui qui avait découvert dans les années 50 l’autre grand monstre sacré du cinéma égyptien, et seul grand acteur arabe de stature internationale Omar Cherif. Youssef Chahine était un grand cinéaste engagé, dénonçant à travers sa filmographie notamment le fanatisme et l’oppression, lui qui connut dans son enfance une Egypte tolérante et multi-ethnique, où chrétiens et juifs vivaient en harmonie.
Polyglotte et maîtrisant parfaitement la langue de Molière, Chahine avait été décoré de la Légion d’honneur française en novembre 2006. D’origine chrétienne d’Alexandrie, la ville du cosmopolitisme du Moyen-Orient… Chahine incarne l’ouverture d’esprit et l’éclectisme. Parmi ses films cultes figurent: «Le Destin» (1999), «La Terre» (1969) et «Alexandrie, encore et toujours» (1978), «Adieu Bonaparte» (1986), «le 6ème jour » (1990), «L’Emigré» (1997). Ses derniers films ont été «Le Chaos» qui dénonçait la corruption et la torture en Egypte ainsi que «Chacun son cinéma» (2007). Ses funérailles auront lieu aujourd’hui lundi dans une église du centre du Caire. Le cinéaste sera ensuite enterré dans le caveau familial à Alexandrie, la grande ville du nord où il est né.

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